Vendredi 18 Mai 2012

Dernière mise à jour : Vendredi 18 Mai 2012 02:31

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Grimpeurs et changements climatiques

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Voici l'histoire rocambolesque de quelques grimpeurs engagés qui ont choisi de lutter contre les changements climatiques à leur manière...

Sept grimpeurs de la Nouvelle-Angleterre (U.S.A), également activistes écologistes (membres de Greenpeace), ont décidé en Février dernier, à l'insu de la sécurité d'une centrale thermique au charbon (usine utilisant le charbon comme combustible pour produire de l'électricité), d'aller suspendre à une immense grue de déchargement une banderole de 40 pieds de large par 20 pieds de haut sur laquelle on pouvait lire: "Shut it down, stop coal !". Pour ce faire, les grimpeurs ont utilisé un système rapide et ingénieux pour déployer la banderole: celle-ci était attachée à ces deux extremités supérieures à une solide poutre métallique, alors que les deux coins inférieurs étaient attachés au baudrier de deux grimpeurs qui en descendant en rappel de chaque côté de la banderole déroulaient cette dernière au fur et à mesure qu'ils progressaient à la manière d'un rideau que l'on descend le long d'une fenêtre.

L'usine thermique en question rejette chaque année 3 millions de tonnes de pollution contribuant directement au réchauffement climatique, avec 6 écoles en milieu défavorisé qui se situent à moins de 1 mile de l'usine. À l'échelle de la nation, c'est plus de 600 usines thermiques au charbon qui crachent quotidiennement leurs dangereux composés chimiques qui seraient d'ailleurs à l'origine de 16000 morts par an.

Selon l'auteur de l'article relatant cette histoire, Jarred Cobb (climberism.com), l'effet des changements climatiques sont déjà visibles en Nouvelle-Angleterre, en tant que grimpeur il assiste, par exemple, à la disparition progressive de la glace l'hiver. Amoureux de l'escalade sous toutes ses formes et donc de la nature (il se qualifie lui-même de "outdoor junkie"), il se sent particulièrement concerné par les changements climatiques qui affectent notre planète. De toute façon, qui ne devrait pas l'être ? C'est un problème global qui devrait interpeller tous le monde car nous sommes évidemment tous concernés à court comme à long terme par cette terrible menace.

Toujours selon Cobb, l'industrie des combustibles fossiles, inquiète pour l'avenir de son marché, dépense des millions pour contrecarrer toutes tentatives (mouvements écologiques, lois environnementales etc.) destinées à réduire les gaz à effet de serre; Ceci malgré les multiples avertissements de la communauté scientifique mondiale annonçant que nous sommes proches d'un point de non retour et que nous devons tous dès maintenant changer nos comportements de super-consommateur et essayer de réduire notre dépendance aux énergies fossiles. Évidemment, plus facile à dire qu'à faire car un tel mouvement (réduction de l'utilisation des énergies fossiles en particulier) doit s'accompagner d'une réelle volonté politique que nous ne contrôlons pas malheureusement, mais une chose est sûre: en tant qu'individu nous avons beaucoup plus de poids que l'on pense pour renverser la vapeur. En effet, nos choix actuels en termes de biens de consommation sont les garants de ce que l'industrie au sens large va produire demain ! Ainsi, sans retourner à l'âge de pierre, nous pouvons avoir un impact positif et significatif sur l'environnement simplement en faisant des choix de consommation judicieux, et en effectuant quelques changements (souvent sans impact pour nous) dans nos habitudes de vie.

Pour en revenir à notre sujet, on peut toujours estimer que les agissements de ces grimpeurs ne sont pas salutaires car réalisés illégalement. Mais entre nous, qui peut en vouloir à ces grimpeurs désespérés de voir qu'encore 45% de la production d'électricité aux U.S.A provient de la combustion de charbon, et que certains mouvements politiques comme le "Tea Party" osent encore proclamer que l'activité humaine n'y est pour rien dans le réchauffement climatique auquel nous assistons et que tous ceci a été monté de toute pièce par la gauche américaine.

En conclusion, si nous voulons encore dans les prochaines décennies avoir la possibilité de pratiquer notre sport qui nous est si cher (comme pouvoir faire de la glace au Québec l'hiver ou encore grimper sur un glacier dans les Rockies l'été), soyons un peu moins égoïstes et pensons un peu plus à la planète dans notre quotidien, la Terre nous le rendra certainement !

 

Source et photo: climberism.com

 

 

 


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