Vendredi 18 Mai 2012

Dernière mise à jour : Vendredi 18 Mai 2012 02:35

Back Chroniques Santé Escalade et infections virales

Escalade et infections virales

  • PDF

Quel est le lien entre l'escalade et des infections virales ? Lisez la suite pour le savoir...

En tant que grimpeur, vous vous êtes sans doute déjà posé la question: la pratique de l'escalade peut-elle être un moyen de transmission de maladies infectieuses par voie sanguine ? Quel grimpeur, un tant soit peu assidu, ne s'est jamais égratigné un doigt, les avant-bras, le coude ou le genou, laissant ainsi une trace de sang sur la prise fautive ! Quels sont alors les risques pour le grimpeur qui passe derrière en supposant que vous êtes atteint d'une maladie infectieuse, en particulier virale ? C'est pour répondre à cette question que la commission médicale de l'UIAA (Fédération internationale de montagne et d'escalade) à décider de mener une étude sur le sujet. Je vous présente donc ici un résumé et la conclusion de cette étude réalisée en 2010.

Tout d'abord, il faut savoir que les infections virales les plus susceptibles d'être transmisses dans la pratique de l'escalade sont l'hépatite B et C et bien évidemment le virus du sida (VIH), d'autant plus que ces maladies peuvent rester asymptomatiques durant des années. Cependant, le risque d'être atteint par le VIH est faible car ce virus meure très rapidement au contact de l'air et donc n'aurait probablement pas le temps de contaminer la personne qui utiliserait la prise souillée par le sang du grimpeur précédent. De plus, un nombre relativement grand d'agents infectieux (et par conséquent une quantité élevée de sang) est nécessaire pour contaminer durablement un sujet sain car une personne séropositive pour le virus du sida présente un faible nombre de particules virales dans le sang. Ces deux facteurs diminuent donc considérablement le risque d'être atteint du VIH. Par contre, les virus hépatiques, en particulier celui de l'hépatite B (VHB), sont beaucoup plus résistants, le VHB peut rester stable jusqu'à 7 jours sur une surface quelconque à l'air libre, et demeure plus résistant aux détergents ou l'alcool. De plus, il est 50 à 100 fois plus infectieux que le VIH car présent en beaucoup plus grande quantité dans le sang du sujet malade (100 millions de particules virales/ml de sang contre quelques centaines ou milliers de particules/ml de sang pour le VIH). Les caractéristiques de ce virus (VHB) font donc qu'il représente un risque accru pour la transmission de la maladie aux sujets sains.

L'escalade représente un juste milieu en termes de risques de transmission de maladies infectieuses par voie sanguine, en effet, les sports de combats par exemple, où les contacts physiques sont importants, présentent un risque accru; alors que des sports avec très peu de contacts physiques, comme les sports de raquette, sont en bas de l'échelle en matière de risques. Dans la pratique du sport en général, le risque de transmission du virus du sida est faible, calculé à 1 cas pour 1 million de matchs joués. De plus, jusqu'à maintenant il n'y a pas eu de confirmation officielle de cas de transmission de SIDA durant la pratique d'un sport.

Cette étude en vient à la conclusion que les risques de transmission d'infections virales par voie sanguine ne sont pas plus élevés que ceux présents dans la population générale; en effet, les facteurs de risques seraient semblables entre les deux populations (sportifs et population générale), puisque selon les auteurs, le risque le plus important chez l'athlète d'être contaminé par ce type de maladies réside dans les rapports sexuels non protégés et l'utilisation de seringues non stériles pour l'injection de substances dopantes ou d'anabolisants. Dans le cadre d'une compétition, la commission médicale de l'UIAA recommande le retrait provisoire des compétiteurs qui aurait un saignement important jusqu'à ce que ce dernier soit résorbé et que la plaie soit lavée et désinfectée. Les prises souillées de sang devraient être brossées et lavées au savon et à l'eau ou à l'aide d'antiseptiques, puis séchées correctement avant leur réutilisation. Enfin, les auteurs de l'étude ne recommande pas d'imposer des tests sérologiques obligatoires contre le VIH ou l'hépatite B ou C chez les grimpeurs fédérés, mais recommande par exemple la vaccination contre le VHB, en particulier pour les grimpeurs qui sont amenés à voyager dans le monde entier dans le cadre de la coupe du monde. En résumé, la commission insiste donc surtout sur la nécessité d'instaurer des mesures préventives et éducatives en matière de risques de transmission d'infections par voie sanguine.

Le pdf de l'étude complète est disponible ici.

 

 

 

 


Commentaires (0)add comment

Ecrivez un commentaire
Réduire l'éditeur | Agrandir l'éditeur

security image
Entrez les caractères affichés


busy

Mise à jour le Mercredi, 22 Septembre 2010 16:43